Elle a des sanglots dans la voix. Ça lui fait comme un grelot au creux de la gorge.
Elle a le poumon tambourin, en petite suffocation saccadée. Ça lui fait comme un rythme dans la cage du thorax.
Et ça la maintient debout. Ça lui permet de bouger les pieds l'un après l'autre. C'est une sacrée mécanique. Si on la regarde attentivement, on peut voir les rouages de son engrenage derrière sa peau translucide.

Elle voudrait que les sanglots explosent, et cesser de s'agiter de l'intérieur. Elle voudrait se poser, s'apaiser, s'allonger et s'endormir.
Mais pour cela il faudrait que les sanglots sortent. Elle ne sait pas comment les expulser, quels violons leur jouer, pour pouvoir leur couper le sifflet. Elle a la tripe stridulante et pourtant rien ne vient. Si rien ne sort, comment pourra-t-elle s'épancher puis s'essorer ? Ça l'inquiète. Elle a peur de devoir continuer sa petite danse automatique toute la nuit. Et peut-être celle d'après encore.