Pouh pouh pouh, même !
Après Pâques, comme tous les ans, mon petit châtaigner du printemps c'est "ze" bilan. On passe les commandes à l'école, et inévitablement je me projette quelques mois plus tard, avec envie, pour refaire en mieux (vous n'en doutiez pas, n'est-ce pas) tout ce qui ne fut qu'approximatif cette année (hem hem). Bref, comme une grosse envie trépidante de recommencer.
Sauf que cette année, ma grosse envie est complètement fauchée (presque, en fait elle a de le ressource mon envie, elle n'a pas dit son dernier mot) par le "bras-m'en-tombe" de ce que j'ai sous les yeux là tout de suite. Je ne sais comment l'interpréter...
Peut-être est-ce mon envie de septembre qui est contagieuse... Et les mômes, charmants-dociles, se sentent comme en septembre.
Sauf que, bon sang, on vient de passer un an ensemble ! Ils la connaissent leur maîtresse, ses exigences et ses moulins à vent ! Et ben nada ! A ça, ils sont imperméables ! Ils refont des trucs comme des gamins mal dégourdis de début d'année (je sais, j'exagère, mais je suis désespérée !). Des exigences qui ont déjà fichu le camp sur la route des vacances, mis la clef sous la porte, pas là (où je pensais les avoir un petit peu mises quand même). Plus de répondant, plus d'humour, du premier degré déconcertant, du chewing-gum mâchouillé-raplapla-collé en guise de cerveau, du flan, du flan dont le caramel dégouline doucement (je ne citerai pas de marques), du rien amorphe qui regarde passer les trains.
Bouhouhouh !
Bien sûr c'est vexant. Bien sûr c'est désobligeant. Bien sûr c'est irritant (et je l'ai bien fait savoir, gloups. J'excelle dans la grande scène du IV). Bien sûr, c'est eux. (Qu'est-ce qui a changé depuis l'année dernière ? les mômes, pas moi, gnark gnark gnark).
Mais...
Qu'est-ce que j'aurais bien pu faire pour éviter, atténuer, amoindrir, détourner, ça. Comment compenser, contrecarrer, contre-balancer (un environnement social et culturel miséreux) ?
Comment partager l'envie, juste l'envie, rien que l'envie (et toute l'envie) ?
Quel grand écart ou autre figure pirouètique pour ménager l'enfant et l'institution ? Quel dos rond inventer pour répondre aux ordres et protéger les petits de ce qui parfois, dans un délirium tremens ivre de pouvoir, se révèle mâchoire puissante ? Quoi pour ne pas perdre de vue (et de vie) une certaine idée, une certaine envie de l'école ? Comment tricoter ensemble un lieu de vie pour chacun et pour tous, un havre de paix où se reposer de ce qui se passe en dehors de nos murs, et en même temps un cadre contre lequel faire rebondir les prémices de ses propres réflexions ?
Je suis déçue, je pensais avoir semé quelques graines, et j'ai la désagréable sensation qu'elles ont péri avec le dernier coup de gel...
Bah, je connais mes saisons. C'est mon automne, les désillusions se ramassent à la pelle, mais j'ai la conviction chien-dent : elle repousse toujours vigoureusement.







Mais c'est tellement bien que tu aies encore besoin de ce questionnement pour avancer ...