Le plus souvent je suis lapin d'Alice, les jambes trotteuses et l'œil sur le trotteur. C'est le pittoresque de mon quotidien.
En mon "fort intérieur", je suis papier à musique, presque métronome. Le rideau tombe au millimètre près.
C'est l'heure !
Dans ma légende de moâ-même, j'accroche à mes lunaisons une explication toute calendaire. Je suis fille de la nuit et de l'hiver, amerrie après minuit une nuit de décembre. C'était presque l'année prochaine, mais pas encore. C'était déjà demain depuis une heure et dix minutes. Fille de la nuit d'hiver, donc. L'été me fait de l'ombre, j'ai besoin de prendre de l'élan pour y entrer (oui, je vous entends d'ici, il faudrait savoir de quel été il s'agit, celui de cette année joue les timides, nous sommes d'accord).
Début juin, c'est l'heure. A l'opposé ou presque de mon calendrier à moÂ.
Ça fait quelques années déjà, cinq je crois, que le début de l'été cueille ma pomme ratatinée.
Je sais, je reconnais. Je ne dis rien, je ne m'assieds plus, j'attends, j'écoute distraitement les bien-intentionnés qui disent qu'il faudrait que j'arrête l'allaitement, que je prenne une femme de ménage, que je travaille à mi-temps, que je rende deux ou trois enfants, que je m'achète un nouveau mari, à disponibilité élastique, que je m'investisse moins, que j'apprenne un peu l'indifférence.
J'attends, je chute mollement, la paranoïa en parachute, là où même les nuits de neuf heures ne réparent plus grand chose.
J'attends. Y a qu'à laisser passer, gober quelques pilules rouges -pour le fer, retrouver le parapluie, celui qui fait bouée aussi en cas de déluge, manger des fruits et lire.
J'attends. Ça va passer. Ça passe déjà.

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* my red umbrella - carambatack * the white rabbit - the poppy tree *
* waiting room - godigo * white rabbit II - rdirenna *